Bon vraiment il faut qu’on discute. Oui, je crois qu’il faut qu’on vous le dise … Votre idée n’est probablement pas aussi bonne que ce qu’on vous dit.
Pourtant, il ne manque qu’un léger petit détail : quelqu’un pour acheter votre produit ou votre service.
Et ça, malheureusement, ce ne sont ni vos proches — experts en marketing du dimanche autour de la table lors des réunions de famille — ni même votre cousin couvreur, qui vous donnera son avis sur votre logo, et encore moins ChatGPT, qui vous expliquera à quel point votre idée est belle… et rentable, tant qu’à faire.
Je ne suis pas en train de dire que vos proches ne sont pas compétents, ni même que votre cousin ne saura pas réaliser la plus belle pergola pour votre prochain été.
Mais c’est justement là le problème…
Ce n’est pas leur métier de créer, façonner ou organiser vos idées pour déterminer si elles peuvent — ou non — devenir un véritable projet rentable pour vous.
Moi, si. Et c’est même mon métier.
Et l’IA, alors, dans tout ça ?, allez-vous me dire.
Elle peut très bien faire le travail de toute une équipe de comm’, alors pourquoi ne pourrait-elle pas m’aider à monter mon projet ?
Ou encore :
« Je suis actuellement une superbe formation à 5 000 euros, justement pour apprendre à créer et optimiser mon (futur) business, créer mon site internet, produire mon contenu, travailler mon SEO… enfin, mon GEO maintenant — vous ne savez plus très bien de quoi il s’agit, mais vous me le citez quand même. »
Et puis quoi encore ?
Vous allez aussi apprendre à développer vous-même le programme qui automatisera la production de vos petites cuillères en sucre moulé, en étant persuadé d’avoir eu l’idée du siècle ?!
Malheureusement, si tout cela était aussi simple, tout le monde serait millionnaire et passerait ses vacances au LUX* Resort aux Maldives ou à l’île Maurice.
Par contre, si vous souhaitez réellement réfléchir à un projet rentable et réalisable, il y a peut-être une solution pour vous…
Commencez par arrêter de construire
Pas de logo.
Pas de site internet.
Pas de calendrier éditorial sur six mois.
Et, pour l’instant, laissez ChatGPT tranquille avec votre business plan de 47 pages.
Avant tout cela, votre projet doit répondre à quelques questions beaucoup moins sexy :
- Quel problème cherchez-vous réellement à résoudre ?
- Pour qui ?
- Comment ces personnes résolvent-elles ce problème aujourd’hui ?
- Sont-elles réellement prêtes à payer pour une meilleure solution ?
- Et surtout : comment pouvez-vous le vérifier avant d’investir plusieurs milliers d’euros et six mois de votre vie ?
C’est là que commence, selon moi, un véritable projet.
Pas lorsque vous avez trouvé son nom. Ou encore moins lorsque votre logo est terminé.
Et certainement pas lorsque ChatGPT vous dit que « votre concept présente un potentiel particulièrement intéressant sur un marché en pleine évolution ».
Mais lorsque votre idée commence à résister à la confrontation avec le réel.
D’ailleurs, si je peux vous donner un conseil : parlez-en. Challengez-la. Montrez-la. Interrogez les bonnes personnes. Construisez le minimum nécessaire pour la tester. Écoutez ce qui dérange autant que ce qui rassure.
Oui, je sais ce que vous allez me dire : plus haut, je vous expliquais justement de ne pas demander conseil à vos proches…
Eh bien, je vous dirais simplement de leur poser, à eux aussi, les bonnes questions. Et surtout, de ne pas prendre pour argent comptant leur parole d’expert du dimanche.
Il y a une différence entre demander :
« Tu trouves que mon idée est bonne ? »
et :
« Est-ce que tu rencontres ce problème ? Comment tu le résous aujourd’hui ? Est-ce que tu paierais pour le résoudre autrement ? »
Dans le premier cas, vous cherchez un avis. Dans le second, vous cherchez une information.
Un accélérateur n’a jamais décidé de la direction
Puis, une fois que vous avez confronté votre idée au réel, utilisez l’IA. Et à ce moment-là, elle pourra réellement vous être utile.
Utilisez-la même à fond. Faites-lui analyser les informations que vous avez récoltées, demandez-lui de comparer, de structurer, de chercher, de prototyper, de produire ou encore d’automatiser certaines tâches. Servez-vous-en pour tester plus vite, explorer plusieurs pistes, revenir en arrière lorsqu’une hypothèse ne fonctionne pas et recommencer sans avoir à mobiliser toute une équipe à chaque nouvelle idée.
Car c’est probablement là que se trouve aujourd’hui l’un des plus grands potentiels de l’IA : sa capacité à accélérer considérablement ce que vous avez déjà commencé à comprendre.
Elle devient alors ce qu’elle fait extraordinairement bien : un accélérateur.
Mais un accélérateur n’a jamais décidé de la direction.
Et cette direction, vous allez justement commencer à la trouver grâce aux échanges que vous aurez eus, aux problèmes que vous aurez observés, aux réponses parfois contradictoires de vos futurs utilisateurs, à vos recherches et même, oui, aux remarques de votre fameux cousin couvreur. Pas parce que chacune de ces personnes détient LA réponse, mais parce que l’ensemble de ces informations va progressivement vous permettre de distinguer ce que vous imaginiez de ce qui existe réellement.
À partir de là, votre idée ne repose plus seulement sur une intuition. Elle commence à prendre une forme, à rencontrer des objections, à évoluer et, parfois même, à devenir très différente de celle que vous aviez imaginée au départ. Et c’est plutôt une bonne nouvelle.
Parce que l’objectif n’a jamais été de prouver que votre première idée était géniale. L’objectif est de découvrir s’il existe quelque part un projet suffisamment utile, réalisable et rentable pour mériter que vous le construisiez.
Je suis passé par là moi aussi
Et puisque je me permets depuis le début de cet article de malmener un peu vos idées, je vous dois peut-être aussi un petit aveu : je suis passé par là moi aussi.
Quand on est créatif, entrepreneur et qu’on travaille dans le digital, autant vous dire qu’on a plutôt le vent en poupe lorsqu’il s’agit d’avoir des idées. J’en ai eu beaucoup. J’ai monté plusieurs business, certains ont fonctionné, d’autres beaucoup moins. Je me suis aussi cassé la figure. Le Covid est passé par là, certaines certitudes aussi, et avec le temps j’ai appris — parfois à mes dépens — qu’avoir les compétences pour construire quelque chose ne signifie absolument pas qu’il faut le construire.
Et puis je me suis un peu assagi. Enfin… suffisamment pour commencer à transformer ces expériences en méthodes et à transmettre à mon tour ce que j’avais appris. J’ai accompagné et enseigné à des étudiants, du BTS Bac+2 jusqu’au Master Bac+5, avec finalement cette même obsession : comprendre avant d’exécuter, structurer avant de produire et savoir pourquoi on fait les choses avant de chercher comment les faire.
Donc non, je ne vous raconte pas tout ça depuis une tour d’ivoire avec le business parfait qui n’aurait jamais connu un mur. J’en ai pris quelques-uns. Et rétrospectivement, certains m’ont probablement appris davantage que mes réussites.
Mais ça, c’est une autre histoire — et probablement un autre article à lui tout seul.
Revenons plutôt à la vôtre
Si, malgré toutes ces recherches, ces discussions et ces heures passées avec ChatGPT, vous avez toujours quinze idées dans la tête, trois directions possibles et aucune certitude sur celle qu’il faudrait prendre… c’est peut-être simplement le moment de confronter tout cela à un regard extérieur.
Et ça, c’est mon métier.
Mon travail n’est pas de vous dire que votre idée est formidable pour vous faire plaisir. Il consiste à la challenger avec vous, à identifier ce qui mérite réellement d’être construit, à mettre de l’ordre dans vos hypothèses et à transformer votre expertise, vos intuitions et parfois même toutes les idées que vous avez accumulées au fil des années en un projet que l’on peut réellement confronter au marché.
C’est précisément pour cela que j’ouvre désormais des sessions stratégiques individuelles de 60 minutes.
Pendant une heure, on prend votre projet et on le pose sur la table. On regarde ce qui tient debout, ce qui repose encore sur une supposition, ce qu’il faudrait vérifier et surtout quelle devrait être votre prochaine étape. Et s’il faut démonter une partie de votre idée pour mieux la reconstruire, alors on la démontera.
Je ne vous promets pas qu’au bout de 60 minutes vous repartirez avec le prochain business à un million d’euros — sinon je serais probablement déjà au LUX* Resort moi aussi.
En revanche, mon objectif est que vous repartiez avec une direction beaucoup plus claire sur ce qu’il faut faire, tester… ou parfois ne surtout pas faire.
Et si votre idée est mauvaise ?
Je préfère que vous le découvriez après une heure qu’après 5 000 euros et six mois de travail.
FAQ
Par quoi commencer quand on a une idée de projet ?
Commencez par arrêter de construire. Pas de logo. Pas de site internet. Pas de calendrier éditorial sur six mois. Avant tout cela, votre projet doit répondre à quelques questions beaucoup moins sexy : quel problème cherchez-vous réellement à résoudre ? Pour qui ? Comment ces personnes résolvent-elles ce problème aujourd’hui ? Sont-elles réellement prêtes à payer pour une meilleure solution ?
Comment savoir si mon idée tient la route ?
Lorsque votre idée commence à résister à la confrontation avec le réel. Parlez-en. Challengez-la. Montrez-la. Interrogez les bonnes personnes. Construisez le minimum nécessaire pour la tester. Écoutez ce qui dérange autant que ce qui rassure.
Faut-il demander leur avis à ses proches ?
Posez-leur, à eux aussi, les bonnes questions. Et surtout, ne prenez pas pour argent comptant leur parole d’expert du dimanche. Il y a une différence entre demander « Tu trouves que mon idée est bonne ? » et « Est-ce que tu rencontres ce problème ? Comment tu le résous aujourd’hui ? Est-ce que tu paierais pour le résoudre autrement ? ». Dans le premier cas, vous cherchez un avis. Dans le second, vous cherchez une information.
À quel moment utiliser l’IA ?
Une fois que vous avez confronté votre idée au réel. À ce moment-là, elle pourra réellement vous être utile : faites-lui analyser les informations que vous avez récoltées, demandez-lui de comparer, de structurer, de chercher, de prototyper, de produire ou encore d’automatiser certaines tâches. Elle devient alors ce qu’elle fait extraordinairement bien : un accélérateur. Mais un accélérateur n’a jamais décidé de la direction.
Que se passe-t-il pendant une session stratégique de 60 minutes ?
Pendant une heure, on prend votre projet et on le pose sur la table. On regarde ce qui tient debout, ce qui repose encore sur une supposition, ce qu’il faudrait vérifier et surtout quelle devrait être votre prochaine étape. Et s’il faut démonter une partie de votre idée pour mieux la reconstruire, alors on la démontera.
Et si mon idée est mauvaise ?
Je préfère que vous le découvriez après une heure qu’après 5 000 euros et six mois de travail.