Chez ma matante, la télévision était allumée sur une télénovela. J’essayais de suivre un sujet consacré à l’innovation réunionnaise pendant qu’elle cherchait surtout à savoir avec qui André avait encore trompé sa femme.
Entre deux rebondissements sentimentaux, j’ai aperçu ce qui était probablement une présentation du Village by CA La Réunion. Des entrepreneurs péi y montraient des solutions imaginées ici, pour répondre à des besoins d’ici.
La scène peut paraître anecdotique. Pourtant, elle raconte parfaitement ce que la technologie devrait être : quelque chose qui entre dans la vie quotidienne sans demander aux gens de renoncer à ce qu’ils sont.
L’innovation ne commence pas toujours dans un laboratoire californien. Parfois, elle apparaît quelques secondes sur une télévision réunionnaise, entre une télénovela et le repas qui chauffe.
Pour les professionnels du référencement, la question immédiate est évidente : allons-nous perdre du trafic ?
Mais le sujet est bien plus vaste.
La véritable question est désormais :
AI Overviews en France : Google ne classe plus seulement l’information
Pendant plus de vingt ans, Google a organisé l’accès à l’information. Nous écrivions les contenus. Le moteur décidait dans quel ordre les présenter.
Avec les AI Overviews, Google franchit une nouvelle étape. Il utilise ses modèles Gemini pour produire une synthèse directement dans la page de résultats. L’utilisateur peut obtenir une réponse sans visiter immédiatement les sites qui ont permis de la construire.
Google présente cette évolution comme une manière de comprendre rapidement un sujet tout en conservant des liens vers le Web. L’entreprise explique également que ces aperçus apparaissent lorsque ses systèmes estiment qu’une réponse générée par l’IA est utile.
Nous pourrions limiter le débat à une guerre de visibilité :
- mon site sera-t-il cité ?
- les internautes cliqueront-ils encore ?
- comment optimiser un contenu pour apparaître dans une réponse générative ?
- faut-il désormais faire du GEO en plus du SEO ?
Ces questions sont légitimes. Pour une entreprise, perdre sa visibilité peut signifier perdre des demandes, des ventes et une partie de son indépendance commerciale.
Mais si nous restons uniquement sur ce terrain, nous passons à côté de l’essentiel.
Nos entreprises écrivent.
Nos journalistes enquêtent.
Nos chercheurs publient.
Nos artisans transmettent leur savoir-faire.
Nos familles racontent leur histoire.
Nos territoires produisent leur culture.
Puis une entreprise étrangère rassemble ces connaissances, les hiérarchise et présente sa synthèse comme la réponse la plus immédiatement accessible.
Le problème est de savoir quelle représentation de nous-mêmes Google donnera au monde.
La France fait de l’IA — mais elle la fait par morceaux
Soyons justes : dire que la France ne fait rien dans l’intelligence artificielle serait faux.
Nous possédons une recherche publique reconnue avec l’Inria, le CNRS et le CEA. Le programme national de recherche en intelligence artificielle travaille notamment sur l’IA frugale, l’IA embarquée, l’IA de confiance et les systèmes distribués.
La France dispose également de Jean Zay, un supercalculateur public dont la puissance a été fortement augmentée. Une AI Factory française doit faciliter l’accès au calcul, aux données, aux modèles et aux compétences pour les chercheurs, les entreprises et les services publics. Le futur supercalculateur Alice Recoque doit encore renforcer cette capacité.
L’État et Bpifrance ont aussi annoncé des investissements considérables. Bpifrance prévoit de mobiliser 10 milliards d’euros d’ici 2029 pour soutenir l’écosystème. Lors du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle de 2025, 109 milliards d’euros de projets d’investissement en France ont été annoncés.
Nous avons enfin des entreprises capables d’exister à un niveau international : Mistral AI, Owkin, LightOn, Dust, Nabla, Photoroom et bien d’autres.
Alors, tout va bien ?
Pas vraiment.
Nous formons. Nous cherchons. Nous inventons. Nous hébergeons. Nous commençons à financer.
Mais nous maîtrisons rarement toute la chaîne.
Et surtout, les principales portes d’entrée utilisées par le grand public restent contrôlées ailleurs :
- Google organise la recherche ;
- OpenAI possède ChatGPT ;
- Microsoft installe Copilot dans ses logiciels ;
- Meta contrôle plusieurs de nos espaces de conversation ;
- Apple maîtrise ses appareils et ses systèmes ;
- NVIDIA fournit une technologie devenue essentielle au calcul intensif.
Il n’existe d’ailleurs aucun pourcentage unique permettant de mesurer sérieusement « la part française du marché de l’IA ». Le marché mélange les puces, le cloud, les modèles, les API, les logiciels professionnels et les assistants grand public.
Mais un indicateur raconte déjà quelque chose : dans les principaux classements mondiaux d’usage des assistants IA en 2026, les services américains et chinois occupent presque tout l’espace. Mistral existe, progresse et compte stratégiquement, mais ne représente pas encore une part comparable à ChatGPT, Gemini ou Claude.
Autrement dit :
Nous formons les cerveaux, puis nous rachetons leurs outils
La France sait produire des scientifiques, des ingénieurs et des entrepreneurs exceptionnels. Yann LeCun en est probablement l’exemple le plus symbolique.
Ce Français, récompensé par le prix Turing, a dirigé pendant des années la recherche en intelligence artificielle chez Meta. Ses travaux ont contribué aux fondations de l’apprentissage profond moderne.
Son parcours illustre parfaitement notre contradiction : nous savons former des cerveaux qui participent ensuite à la construction de puissances industrielles étrangères.
Mais son histoire a connu un retournement intéressant. Yann LeCun a quitté Meta fin 2025 pour créer AMI Labs, une entreprise française basée à Paris et consacrée à une autre voie de recherche : les « world models », capables de mieux comprendre le monde physique, de raisonner et de planifier.
En mars 2026, AMI Labs a annoncé une levée de 1,03 milliard de dollars avec des investisseurs européens, américains et asiatiques.
Ce cas ne contredit pas l’idée de souveraineté. Il montre peut-être comment la construire intelligemment.
AMI Labs ne cherche pas à rester enfermée dans un capital exclusivement français. Elle veut devenir une entreprise mondiale dont le centre demeure en Europe.
C’est également la voie que Mistral essaie de tracer : accepter des partenariats et des capitaux internationaux tout en défendant des modèles ouverts, des déploiements contrôlables et une infrastructure plus indépendante.
La souveraineté n’est donc pas la fermeture.
Nous ne rattraperons pas les géants américains en essayant de reproduire exactement leur stratégie avec plusieurs années de retard. Nous devons choisir les couches sur lesquelles nous pouvons devenir indispensables : modèles ouverts, IA frugale, usages industriels, santé, services publics, sécurité, langues, cultures et déploiements maîtrisés.
Ne pas tout posséder. Mais posséder suffisamment pour pouvoir choisir.
La souveraineté n’est pas l’autarcie
J’ai créé Kaaz avec cette même intuition, à une échelle beaucoup plus modeste.
Je ne fabrique pas mes propres processeurs. Je n’entraîne pas un modèle de fondation dans un hangar à Petite-Île. Et oui, certains de mes agents peuvent envoyer des messages par Telegram. On ne peut pas toujours avoir le beurre, l’argent du beurre et la crémière — même si, franchement, j’aimerais bien.
Mais je peux maîtriser l’architecture qui relie mes outils.
Je peux organiser mes agents, mes automatisations et mes newsletters. Je peux choisir où conserver certaines données. Je peux décider quelle plateforme remplit quelle fonction. Et surtout, je peux éviter de remettre les clés de toute mon activité à un seul fournisseur.
Voilà ce que j’appelle une souveraineté pragmatique :
Une entreprise française ne remplacera pas Google, Microsoft, OpenAI et NVIDIA à elle seule. Une TPE réunionnaise encore moins.
Elle peut aussi très vite se noyer dans le multi-abonnement : Trello pour organiser les tâches, Beacons pour rassembler ses liens, HubSpot pour gérer ses contacts, Google Workspace ou Microsoft 365 pour travailler, Adobe et Figma pour créer… et j’en passe. Pris séparément, chacun de ces outils peut sembler indispensable. Mais lorsqu’ils s’accumulent, l’entreprise finit par payer plusieurs plateformes qui communiquent mal entre elles, multiplier les interfaces et construire son activité sur une architecture qu’elle ne maîtrise plus.
Je suis moi-même passé par là. Au début, je pensais devoir empiler les meilleurs outils pour maintenir un certain niveau de qualité. Puis j’ai compris que, pour survivre, je devais conserver cette exigence tout en retrouvant une partie de cette qualité en interne. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle et l’automatisation permettent justement de relier, simplifier ou remplacer certains de ces services — sans nécessairement dégrader le travail produit.
Ce n’est pas une invitation à supprimer tous les abonnements. C’est une invitation à reprendre le contrôle : identifier les outils réellement utiles, automatiser les passages inutiles de l’un à l’autre et construire un système cohérent autour des besoins de l’entreprise. C’est précisément le rôle des services d’automatisation que je développe avec Comkuate : faire travailler les outils ensemble pour que l’entrepreneur ne passe plus son temps à travailler pour eux.
Mais elle peut éviter de construire tout son fonctionnement autour d’un outil unique qu’elle ne contrôle pas.
Elle peut conserver ses données essentielles. Documenter ses processus. Utiliser des formats ouverts. Prévoir des solutions de remplacement. Séparer les fonctions critiques. Et choisir une architecture dans laquelle aucun fournisseur ne devient irremplaçable.
La souveraineté numérique commence rarement par une grande déclaration politique. Elle commence par une question très simple :
Et si notre niche se trouvait dans les territoires que tout le monde oublie ?
La France ne gagnera probablement pas la bataille de l’IA en copiant les usages conçus à San Francisco, Pékin ou dans les plus grandes capitales européennes.
Elle pourrait en revanche prendre au sérieux ce qu’elle possède en abondance : des territoires, des langues et des réalités que les grands acteurs considèrent comme trop petits pour être prioritaires.
Les Outre-mer en sont l’exemple parfait.
À La Réunion, certains usages numériques venus des grandes métropoles ne correspondent pas à notre quotidien. Il n’existe pas d’Uber pour organiser simplement tous les déplacements, mais les entreprises installent déjà des chatbots omnicanaux parfois incapables de répondre à des besoins beaucoup plus élémentaires.
Importer une solution conçue pour Paris sans l’adapter aux distances, aux habitudes, aux moyens de paiement, aux infrastructures et aux manières de communiquer d’un territoire ne constitue pas une disruption.
La Réunion, Mayotte, les Antilles, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie et les autres territoires français partagent certaines contraintes avec des centaines de régions dans le monde :
- insularité ou éloignement ;
- marchés de petite taille ;
- mobilité particulière ;
- risques naturels ;
- agriculture tropicale ;
- accès inégal aux services ;
- plurilinguisme ;
- coexistence de traditions et d’usages très modernes.
Une solution pensée sérieusement pour ces réalités pourrait ensuite être adaptée à l’océan Indien, aux Caraïbes, au Pacifique, à l’Afrique ou à d’autres territoires insulaires.
Résoudre ici, puis partager ailleurs.
La souveraineté devient alors généreuse. Elle ne consiste plus à nous enfermer derrière nos frontières, mais à créer depuis notre réalité une solution que d’autres peuvent s’approprier.
Une IA qui rassemble au lieu d’uniformiser
La France possède aussi une diversité intérieure extraordinaire.
Le créole réunionnais, le shimaoré, le breton, le corse, le basque, les langues kanak et polynésiennes ne sont pas de simples variantes folkloriques autour d’un français central.
Chaque langue transporte une mémoire, un humour, des références, une relation au monde et une manière de penser.
Or les systèmes d’intelligence artificielle apprennent d’abord à partir de ce qui est disponible sous forme de données. Les langues dominantes, les cultures les plus documentées et les plateformes les plus puissantes occupent mécaniquement davantage de place.
Si nous ne faisons rien, l’IA ne supprimera pas brutalement nos cultures. Elle fera quelque chose de plus discret : elle les rendra progressivement moins visibles, moins utilisables et moins transmissibles.
Nous pourrions pourtant imaginer autre chose.
Pas un modèle central chargé d’imposer une voix française unique. Pas une machine parisienne qui déciderait du bon créole ou de la bonne manière de raconter nos territoires.
Mais un outil qui rassemble.
Un système dans lequel les populations concernées apprendraient elles-mêmes leurs langues à l’IA, corrigeraient ses réponses, ajouteraient leurs histoires et décideraient de l’utilisation de cette connaissance.
Les habitants ne seraient plus une masse de données aspirée pour entraîner un modèle ailleurs. Ils deviendraient les enseignants, les correcteurs et les gardiens de leur patrimoine.
Si une communauté apprend sa langue à une intelligence artificielle, elle doit pouvoir décider :
- qui peut utiliser cette connaissance ;
- pour quels usages ;
- selon quelles règles ;
- avec quelle rémunération éventuelle ;
- comment corriger une erreur ;
- comment retirer un contenu sensible ;
- comment transmettre ce patrimoine aux générations suivantes.
Ce projet ne produirait pas seulement une IA française. Il créerait un commun numérique des langues et des cultures.
La Réunion pourrait devenir un modèle, pas une périphérie
Cette idée n’est finalement pas étrangère à La Réunion.
Notre île s’est construite à partir d’héritages africains, malgaches, européens, indiens, chinois et comoriens. Ces histoires ne se sont pas assemblées sans douleur ni rapports de domination. Mais elles ont produit une culture capable de relier plusieurs mondes.
La Réunion ne rassemble pas en demandant à toutes ses composantes de devenir identiques.
Elle fait commun avec les différences.
Voilà peut-être ce que notre île peut apprendre à l’intelligence artificielle.
Une intelligence véritablement moderne ne devrait pas parler avec une seule voix dominante. Elle devrait être capable d’entendre une polyphonie.
Une intelligence créole, au sens le plus noble du terme : une intelligence qui relie, transforme et transmet sans effacer les origines.
La Réunion ne serait alors plus un petit marché auquel on adapte tardivement des technologies conçues ailleurs.
Elle deviendrait un laboratoire d’une IA contextuelle, collective et culturellement consciente.
Nous n’avons pas besoin d’imposer un nouveau modèle
Les États-Unis exportent largement leur vision du monde par leurs entreprises et leurs plateformes. La Chine le fait avec son appareil industriel et politique. La Russie utilise d’autres stratégies de puissance et d’influence.
Chacun critique la domination de l’autre tout en essayant souvent d’imposer son propre centre.
La France ne gagnera rien à participer au même concours.
Notre force pourrait être différente :
Cela ne signifie pas refuser le confort ou demander à chaque citoyen de devenir un militant du logiciel libre avant d’ouvrir une application.
Google fonctionne. ChatGPT répond. Amazon livre. Les plateformes étrangères ont gagné parce qu’elles sont utiles, simples et accessibles.
Une alternative souveraine ne s’imposera pas par la culpabilisation. Elle devra être au moins aussi désirable que ce qu’elle remplace.
Elle devra résoudre de vrais problèmes, parler la langue des utilisateurs et respecter leur quotidien.
Elle devra surtout leur offrir un choix.
Qui racontera notre histoire à l’IA ?
AI Overviews pose donc une question qui dépasse largement le référencement naturel.
Qui racontera nos entreprises ?
Qui expliquera nos territoires ?
Qui transmettra nos langues ?
Qui décidera quelles sources représentent notre histoire ?
Qui corrigera l’IA lorsqu’elle se trompera sur nous ?
Si nous laissons uniquement les plateformes dominantes répondre, nous ne perdrons pas seulement quelques clics.
Nous risquons de perdre progressivement la capacité de nous définir nous-mêmes.
Mais nous pouvons aussi choisir une autre voie.
Utiliser les modèles existants sans leur abandonner toute notre architecture. Ouvrir nos entreprises aux capitaux et aux marchés internationaux sans céder leur contrôle. Créer des solutions depuis les territoires oubliés. Construire des jeux de données avec les communautés plutôt que sur elles. Faire de nos langues et de nos différences non pas un frein, mais une spécialité impossible à copier sans nous.
La France est peut-être un petit pays face aux empires technologiques.
Mais elle possède encore la capacité de libérer les voix — non pas en parlant à leur place, mais en leur donnant les moyens de parler ensemble.
Et si c’était enfin un outil qui rassemble ?
Sources de travail
- Google France — Lancement des Aperçus IA et du Mode IA dans la Recherche Google en France
- Inria — Programme de recherche France 2030 en intelligence artificielle
- GENCI — Supercalculateur Jean Zay et puissance de calcul pour l’IA
- GENCI — AI Factory France
- Bpifrance — 10 milliards d’euros pour l’écosystème IA
- Élysée — Faire de la France une puissance de l’IA
- Élysée — Souveraineté numérique et dépenses européennes auprès d’acteurs étrangers
- GENCI — Composition NVIDIA de l’extension Jean Zay
- Mistral AI — AI for Citizens
- Mistral AI — Mistral Compute
- AP — Départ de Yann LeCun de Meta
- Le Monde — Levée de fonds d’AMI Labs et ambition européenne
- Similarweb — Generative AI Landscape 2026
FAQ
Qu'est-ce que les AI Overviews de Google ?
Le moteur de recherche ne se contente désormais plus de classer les réponses disponibles sur le Web. Il peut les lire, les synthétiser et produire lui-même une première réponse. Google utilise ses modèles Gemini pour produire une synthèse directement dans la page de résultats : l'utilisateur peut obtenir une réponse sans visiter immédiatement les sites qui ont permis de la construire.
Est-ce que je vais perdre du trafic ?
C'est la question immédiate, et elle est légitime : pour une entreprise, perdre sa visibilité peut signifier perdre des demandes, des ventes et une partie de son indépendance commerciale. Mais si nous restons uniquement sur ce terrain, nous passons à côté de l'essentiel. Le problème n'est plus seulement de savoir si Google nous enverra un visiteur : il est de savoir quelle représentation de nous-mêmes Google donnera au monde.
La souveraineté numérique, c'est se couper des outils américains ?
Non. La souveraineté n'est pas la fermeture. Être souverain, ce n'est pas tout fabriquer soi-même : c'est connaître ses dépendances, les choisir et conserver la capacité d'en sortir. Il faut s'ouvrir au monde sans lui abandonner le centre de décision.
Par où commence la souveraineté pour une TPE ?
Par une question très simple : si cet outil change ses prix, ses règles ou disparaît demain, est-ce que mon activité continue ? Ensuite, très concrètement : conserver ses données essentielles, documenter ses processus, utiliser des formats ouverts, prévoir des solutions de remplacement, séparer les fonctions critiques et choisir une architecture dans laquelle aucun fournisseur ne devient irremplaçable.
La France est-elle absente de l'intelligence artificielle ?
La France n'est pas absente de l'intelligence artificielle. Elle est présente par morceaux. Nous formons, nous cherchons, nous inventons, nous hébergeons, nous commençons à financer — mais nous maîtrisons rarement toute la chaîne. On fait de la recherche. Eux font encore l'essentiel du marché.
Pourquoi partir des Outre-mer pour penser l'IA ?
Parce que la disruption n'est pas d'importer le futur des autres : c'est de construire celui qui correspond à notre territoire. Une solution pensée sérieusement pour ces réalités pourrait ensuite être adaptée à l'océan Indien, aux Caraïbes, au Pacifique, à l'Afrique ou à d'autres territoires insulaires. Résoudre ici, puis partager ailleurs.